lundi 15 février 2010

Mysore (ou 'House of Nanking II) (jours 39-40-41)

Mysore est belle et chaude (nous parlons ici d'une ville, bien entendu) et il fait bon deambuler dans ses rues paisibles, tout comme dans ses nombreux marches qui eux grouillent d'activites. Renommee pour son palais mais aussi pour sa soie de grande qualite, cette ville du centre du Karnataka est une fete de couleurs dont les yeux se regalent. De plus, les nombreux vendeurs d'encens, d'huiles essentielles et de parfums embusques ici et la, entre les etals de fleurs, de fruits et de legumes, a l'affut toujours de la bonne affaire (lire: d'un etranger naif aimant beaucoup acheter), s'assurent que notre nez ne soit pas en reste. Une seule minuscule balade a travers les allees suffit pour se faire assaillir au moins deux ou trois fois par l'un d'entre eux, ce qui a pour consequences de mener a de belles decouvertes la premiere fois, mais aussi de devenir carrement saoulant a la longue. Or, ceux-ci sont acharnes (mais ruses surtout) et ont mis au point une panoplie d'astuces ayant pour but de nous convaincre de l'indispensabilite de leurs produits dans nos vies. La principale, une mise en scene pour le moins sophistiquee qu'ils semblent tous connaitre (et maitriser) et qu'ils deploient chacun leur tour avec un naturel deconcertant, a vraiment de quoi etonner. Voici, en quelques lignes, de quoi il retourne:
Apres s'etre introduit a nous de la maniere traditionnelle ("hello my friend!", "which country?" "haaa, nice country!") ils devinent tous que nous parlons francais - ou alors s'essayent-ils a tous coups, juste au cas ou...Ensuite, et voila une des choses qui surprend, ils se mettent a parler un francais potable, dont le noyau est constitue des petites formules magiques d'usage - du genre, "Bonjour!", "comment vas-tu?", sans oublier "comme si comme ca"(formule qui dans leur esprit semble le nec plus ultra du 'chic' francais) - mais qui s'agremente aussi de phrases nouvelles, comme par exemple "j'ai beaucoup d'amis qui parlent francais et qui m'ont ecrit des lettres. Tu me donnerais un coup de main pour traduire la derniere? C'est difficile pour moi de les lire"...Et voila, chaque fois c'est le meme petit jeu. La premiere fois on ne se mefie pas trop, on y va plein de bonnes intentions et on se laisse guider jusqu'a la boutique de parfums (les autres fois, c'est plus pour 'l'enquete', pour voir jusqu'a quel point ils ont tous la meme recette). Dans le petit livre en question (auquel on nous demande effectivement de jeter un coup d'oeil, mais bien plus pour notre propre information que pour une quelconque traduction...) des dizaines de messages en francais - nous avons meme vu des livres similaires pour de nombreuses autres langues! A savoir s'ils ont tous un peu de russe ou d'allemand dans leurs chapeaux, c'est une autre histoire - vantant chacun les grands merites de la boutique en question. Tous ces sympathiques voyageurs nous racontent alors comment ils ont fait le tour de toutes les boutiques pour ne trouver jamais que des produits mediocres a des prix exhorbitants. Or, tout a change le jour ou ils ont decouvert la boutique de notre nouvel ami(jusqu'a leur vie entiere a en croire les sourires beats, presque extasies, qu'ils affichent l'un apres l'autre sur les photos collees en completement des textes). A coup sur, voila les meilleures huiles, les parfums les plus purs et l'encens le plus transcendant! Il ne nous reste alors plus qu'a emboiter le pas et profiter a notre tour de cette aubaine exceptionnelle en en achetant une (ou deux? Ils en ont de belles, toutes pretes, avec ecrins de velour et tout)grosse boite...










mercredi 10 février 2010

Chinnar Wildlife Sanctuary (jours 32-33-34)

A l'occasion de notre derniere ballade dans la nature, l'evenement le plus perilleux qui nous soit arrive est une piqure de fourmis en-dessous du pied. De la blague compare a ce qui est arrive a Chinnar. Alors que nous allions nous coucher, j'ai failli me faire assassiner par une enorme araignee, la tiger-spider. Probablement que j'exagere encore un peu: en fait, il n'y a pas eu d'attaque. Par contre, il est indeniable qu'elle m'observait, bien installee juste au dessus de ma tete sur le plafond de notre "tree house" (ou maison sylvestre, comme sur la photo, bien cachee entre les branches de l'arbre), prenant des mesures, s'essayant a deviner lesquels de mes morceaux seraient les plus savoureux. Tout ca, bien patiemment, attendant sans bouger la moindre inattention de ma part pour passer a l'attaque. Une chance que Biju (prononce Bijou) etait tout pres, veillant sur nous, bien installe sur son lit de camp sur le balcon. Bondissant a mon premier appel de detresse ("Bijoouuuuuu!!!"), il l'a rapidement chassee a coup de baton, la catapultant meme en bas de l'arbre. Merci, bon Bijou, je te dois la vie...(a noter que pendant tout ce temps, P-A se tord de rire: bien sur, c'est pas juste au-dessus de sa tete a lui que l'araignee-tigre s'etait postee...aussi, il peu bien rigoler, lui qui, enfant, jouait avec les mygales...).





Biju (ce bon Bijou), est le guide qu'on nous a assigne pour nous conduire dans la jungle. Il est tres gentil, meme si on ne comprend que rarement ce qu'il raconte: ici, de toute facon, c'est pas mal comme ca que ca se passe. On pose des questions et on se fait presque a tous coups repondre quelque chose qui n'a rien a voir. Evidemment, il y a aussi fort a parier que, de l'autre cote, les choses se passent a peu pres de la meme maniere: ils ne comprennent jamais pourquoi on pose des questions qui n'ont rien a voir avec ce qu'ils sont en train de nous raconter...
Ainsi, nous n'avons rien compris de comment allait se derouler le sejour que nous avions organise dans le parc. On nous fait payer et ensuite on nous presente un guide qu'on nous fait signe de suivre. On s'enfonce alors dans la foret, environ 3 kilometres, jusqu'a ce que nous arrivions a notre tree house. Ensuite, c'est un peu le brouillard, dans le sens que le temps passe et qu'on ne voit pas trop ou on s'en va, non plus ce qui s'en vient. Quand la nuit tombe, notre guide nous fait signe qu'il faut monter dormir, alors nous nous disons qu'il serait bon de lui laisser un pourboire, ce que nous faisons. Mais il le refuse, nous faisant comprendre que ce n'est pas le moment, que nous lui en donnerons a la fin. C'est la qu'on commence a comprendre la nature de l'engagement qui nous lie. Alors que nous avions l'impression que Bijou avait la tache de nous mener sains et saufs a notre campement et de nous en expliquer les subtilites, nous commencons plutot a croire qu'il faudra partager notre souper avec lui, et ensuite notre lit. Face a cette perspective, P-A n'en revient pas: "ca se peut pas...il va dormir avec nous? C'est l'affaire la plus absurde de mon existence", repete-t-il sans y croire.
Et, effectivement, Bijou allait dormir avec nous, mais pas dans notre lit, en cuillere avec P-A (comme dans son plus absurde mauvais reve) mais sur le balcon, au grand soulagement de mon ami . Desormais, nous etions fixes, Bijou etait lie a nous par un pacte sacre, et il ne nous lacherait pas jusqu'a la toute fin.
Mais n'allez pas croire que ce ne fut pas une bonne chose. Bijou est tout simplement formidable. Il connait la foret comme sa poche et part un feu comme on allume un rond de poele. Aussi, il nous fait, en puisant l'eau de la riviere et trois fois par jour plutot qu'une le meilleur des "black tea", sucre juste comme il faut (chose assez dure a croire pour un indien, ses compatriotes ayant plutot tendance a avoir la cuillere lourde lorsqu'il s'agit de sucrer).
Lors de nos safaris, qui ont tout de parties de chasse (les fusils en moins), il fouille, traque, s'arrete, se fige, respire et ecoute la foret. Pour nous, il releve les empreintes, nous explique dans un anglais de base le mouvement des animaux: "morning, moving"..."elephants, moving" et nous donne aussi quelques consignes, histoire que nous ne nous sentions pas trop perdus: "stop"..."wait".
Le soir, il fait le decompte des bonnes prises et des deceptions de la journees (entendre par la les animaux qu'on a pu ou pas observer): "buffalo, lucky; elephant, lucky no"...





Autre caracteristique, Bijou fume beedie sur beedie (je ne dirais pas qu'il s'allume avec ses butchs mais tout pres) ce qui ajoute a son incroyable charisme indien.
Lorsque nous marchons dans la jungle et qu'il s'arrete, flairant la bete, il s'allume et reste fixe sur la foret. Lorqu'il repart, il avance souple comme ces pantheres, royal comme ces tigres que nous n'aurons finalement pas vu. Rien de grave: nous aurons vu Bijou.
(La-dessus, il ne faut pas croire pour autant que nous sommes revenus bredouilles de nos sorties en jungle. Bien au contraire, nous en ressortons tout pleins d'images, celles d'elephants, de sangliers, de buffles, d'un serpent, de crocodiles (de ferme mais quand meme), d'une loutre, de multiples especes d'oiseaux et aussi de singes).
Encore une fois, merci, bon Bijou!


Chronique rickshaws (parce qu'on adore ca)

Des notre tout premier jour en Inde, nous avons ete charmes par les rickshaws. Petits bolides ultra efficaces, ils se faufilent envers et contre tous dans les rues les plus bondees, evitant tous les ecueils, nous menant chaque fois a bon port.
Dotes d'une mecanique a toute epreuve, ils nous meneraient meme jusqu'au fin fond de la jungle si, par un bon matin, pareille fantaisie nous prenait.
P-A, grand admirateur de beaux bolides, a d'ailleurs mene sa petite enquete, ce qui nous permet aujourd'hui de dresser cette petite fiche technique (non exhaustive, certainement, mais quand meme a la hauteur des moyens de communication dont nous disposons):
2 compagnies semblent se partager le marche du rickshaw. Tout d'abord, Bajaj, dont les modeles sont un peu plus petits, presentent un look plus "vieillot" et ne disposent que d'un phare avant, lequel est bien centre.
La deuxieme, Ape, dont le logo ressemble a une abeille (assez semblable, etrangement, a celui des caisses pop de chez nous), fabrique un rickshaw plus gros, a l'air un peu plus robuste et presente un design plus moderne. Dote de deux phares avant disposes a gauche et a droite, il a comme principale particularite de marcher au diesel, contrairement au Bajaj qui roule a la bonne vieille gazoline.
Le prix de ces engins: 100 000 roupies (ou un "lack", comme on dit ici) pour le Bajaj, 150 000 rps pour le Ape.
La plupart du temps, ils font du 50 a l'heure mais il nous est aussi arrive d'atteindre les 60 (impossible par contre - jusqu'a maintenant du moins - de connaitre la veritable limite de leurs moteurs).
Presque chaque rickshaw est aussi dote d'un compteur que, malheureusement, nous n'avons jamais eu la chance de voir fonctionner.

A la fin de cette enquete, lorsque j'ai demande a P-A, notre reporter d'un jour, son appreciation personnelle, il a repondu: "J'aime mieux les Bajaj. J'trouve ca clanche plus".

Travaillant un peu dans l'ombre de leurs flamboyants bolides, les chauffeurs de rickshaws ne sont pas pour autant des personnages ennuyants. En fait, ils sont, tous autant qu'ils sont, passes maitres dans l'art de se faire remarquer. Toutes les combines sont bonnes pour nous attirer vers eux. Ainsi, pres de cent fois par jour, nous nous faisons appeler, d'un cote de la rue ou de l'autre, peu importe, "my friend!" "my friend!", et demander: "which country?", ce qu'il faut traduire par : "eille! toi la, d'ou tu viens pis ous tu t'en va? embarque dans mon rickshaw, j'm'en va te faire faire le tour d'la ville pour pas cher pas cher"...
Aussi, meme si parfois ca devient lourd et qu'ils nous tombent sur les nerfs (meme quand on est en face de notre hotel, et qu'on leur dit qu'on est rendu, il s'en trouve toujours un (juste un, c'est quand ca va bien) qui veut quand meme qu'on embarque pour aller ailleurs) on s'amuse bien avec les chauffeurs de rickshaws qui sont de colores personnages.
Un fait amusant (ou exasperant) sur les chauffeurs, ils ne comprennent rien a propos de la marche et surement pas grand chose de plus au sujet de ceux qui la pratiquent: "Hello friend ! Rickshaw? - No, thank you sir, we are going for a walk" - "why!?!" - "Because we like to walk!" - "euh...Rickshaw?").
Autre fait, plus pres de la dure realite, il semble que bien peu de chauffeurs possedent leurs propres rickshaws. Aussi, la plupart le louent a un riche proprietaire, au prix assez eleve de 300 roupies par jour (aux dires de Ganesh, du moins). Dans ces conditions, peu sont ceux qui, meme s'ils economisent des annees durant, reussiront a s'en procurer un bien a eux.
Finalement, il manquerait quelque chose a ce petit topo si nous ne parlions pas de la multi-fonctionnalite de ces pilotes. Dependemment de la situation et de l'endroit, ils sont tour-a-tour guides touristiques, guides en montagne (ou sherpas) ou dealers. De plus, s'il vous arrive de chercher un resto ou un petit hotel bon marche (et meme si vous ne chercher rien du tout), pas de probleme, ils ont toujours un ami qui a une chambre a louer ou un autre qui fait le meilleur thali en ville!

En finissant, un conseil. Lorsque sur votre chemin vous croisez le king du rickshaw, vous saisisez l'occasion. Ganesh, un drole de moineau, nous mene ainsi a travers monts et vaux jusqu'a notre prochaine destination, le Chinnar wildlife sanctuary. Une belle balade de 60 km, avec quelques escales interessantes au passage (culinaire, entre autres).
Au final, ils nous fait meme realiser ce petit reve (que nous caressions cherement en secret), celui de conduire nous-memes un rickshaw.











jeudi 4 février 2010

Quelques affiches

Les publicites mais surtout les affiches de cinema sont particulierement savoureuses ici. Pour votre plaisir, quelques-unes de nos preferees.






Munnar (jours 28-29-30)

Ca prend un coeur solide pour se rendre a Munnar. L'autobus, un sacre tape-cul, prend tout pres de six heures pour gravir les 130 et quelques kilometres qui separent cette petite ville de montagne de Cochin. Durant le trajet, il est difficile de ne pas avoir au moins une fois l'envie de renvoyer. Le nombre d'accidents mortels qu'on passe pres de faire sur cette route aussi etroite que sinueuse (empiles les uns sur les autres dans un bus des annees 50 equipe de freins qui crient comme des cresselles, dans une circulation completement anarchique, le tout bien coince entre une montagne et un precipice) laisse songeur sur le bien fonde de faire un pareil detour dans les montagnes du Kerala. Heureusement, le paysage est tres beau et entre deux vertiges, nous avons meme pris quelques photos.
A l'arrivee, du the, du the et encore du the, des vallees a couper le souffle, des fleurs, des arbres et un accueil chaleureux, le periple en vallait finalement la peine.







L'atmosphere en ville est tres agreable. Au contraire de ce que nous avons connu jusqu'ici, l'air circule, on peut deambuler le long des rues sans avoir peur de mourir ecrase a chaque instant. Apres une visite aux divinites de la ville, lesquelles sejournent dans un petit temple multicolore perche en surplomb du marche, nous faisons les courses: du gateau pour dejeuner, quelques fruits, des cachous et peut-etre un peu de viande ?




Nous dormons au JJ cottage, un petit hotel rose et charmant ou, quand on veut de la biere, on a qu'a le demander (tout un luxe dans ce pays ou on se fait regarder avec un drole de petit sourire quand on avoue qu'on aime la biere: imaginer quand on dit qu'on travaille dans une brasserie!).
Pour avoir acces a l'internet et concocter nos petites pages de blogue, nous nous rendons a l'hotel d'a cote, ou Rajeesh et Arun nous attendent avec leur gentillesse ecxeptionnelle et leurs ordinateurs, euhh, comment dire, un peu moins exceptionnels...

mercredi 3 février 2010

Cochi en fete, les backwaters (jours 23-24-25)

Il y a tant de festivals partout et a chaque moment a travers l'Inde que nous commencions presque a nous inquieter de n'en avoir croise aucun. A Delhi, il devait y en avoir un mais c'etait des mentries; a Gokarna, ca nous etait presque arrive et nous ne l'avions manque que d'une journee. Aussi, nous n'etions pas peu contents lorsqu'au detour d'une rue, par hasard, sans savoir, ca nous a saute en pleine face. Des centaines d'indiens, heureux comme des enfants, qui dansaient, qui chantaient. Accueillants, enjoues et infatigables, ils etaient partis pour la nuit. Nous, plus capables, nous sommes alles dormir: paisiblement...jusqu'a ce que les feux d'artifice nous reveillent.
Jusqu'a maintenant, nous aimions les vaches et aussi les autres animaux que nous rencontrions ici et la, chaque jour, naturellement. Maintenant, il y a aussi les elephants qui, sans le moindre doute, nous inspirent tout autant.




Les backwaters: d'immenses territoires consitues d'iles artificielles a travers lesquelles serpentent de multiples canaux. On peut y faire des balades en canots et ainsi passer une journee a se laisser mener au fil de l'eau. Au passage, nous faisons la visite d'une ile sur laquelle on fabrique le toddy, une sorte de jus de fleurs de cocotier qui une fois fermente constitue la boisson nationale. Malheureusement, il ne nous a ete possible de gouter (pour l'instant du moins) qu'a la version "soft", sans alcool.







Derniere chose, en passant: une petite decouverte gastronomique: le cafe Kashi, un endroit rare en ce coin du monde. C'est la-bas que nous avons pu boire notre premier vrai cafe (hourra!). C'est aussi la que l'un de nous a teste pour la premiere fois les fameuses toilettes "indian style" (desole, nous n'avons pas de photo pour en faire la preuve...).