mercredi 10 février 2010

Chinnar Wildlife Sanctuary (jours 32-33-34)

A l'occasion de notre derniere ballade dans la nature, l'evenement le plus perilleux qui nous soit arrive est une piqure de fourmis en-dessous du pied. De la blague compare a ce qui est arrive a Chinnar. Alors que nous allions nous coucher, j'ai failli me faire assassiner par une enorme araignee, la tiger-spider. Probablement que j'exagere encore un peu: en fait, il n'y a pas eu d'attaque. Par contre, il est indeniable qu'elle m'observait, bien installee juste au dessus de ma tete sur le plafond de notre "tree house" (ou maison sylvestre, comme sur la photo, bien cachee entre les branches de l'arbre), prenant des mesures, s'essayant a deviner lesquels de mes morceaux seraient les plus savoureux. Tout ca, bien patiemment, attendant sans bouger la moindre inattention de ma part pour passer a l'attaque. Une chance que Biju (prononce Bijou) etait tout pres, veillant sur nous, bien installe sur son lit de camp sur le balcon. Bondissant a mon premier appel de detresse ("Bijoouuuuuu!!!"), il l'a rapidement chassee a coup de baton, la catapultant meme en bas de l'arbre. Merci, bon Bijou, je te dois la vie...(a noter que pendant tout ce temps, P-A se tord de rire: bien sur, c'est pas juste au-dessus de sa tete a lui que l'araignee-tigre s'etait postee...aussi, il peu bien rigoler, lui qui, enfant, jouait avec les mygales...).





Biju (ce bon Bijou), est le guide qu'on nous a assigne pour nous conduire dans la jungle. Il est tres gentil, meme si on ne comprend que rarement ce qu'il raconte: ici, de toute facon, c'est pas mal comme ca que ca se passe. On pose des questions et on se fait presque a tous coups repondre quelque chose qui n'a rien a voir. Evidemment, il y a aussi fort a parier que, de l'autre cote, les choses se passent a peu pres de la meme maniere: ils ne comprennent jamais pourquoi on pose des questions qui n'ont rien a voir avec ce qu'ils sont en train de nous raconter...
Ainsi, nous n'avons rien compris de comment allait se derouler le sejour que nous avions organise dans le parc. On nous fait payer et ensuite on nous presente un guide qu'on nous fait signe de suivre. On s'enfonce alors dans la foret, environ 3 kilometres, jusqu'a ce que nous arrivions a notre tree house. Ensuite, c'est un peu le brouillard, dans le sens que le temps passe et qu'on ne voit pas trop ou on s'en va, non plus ce qui s'en vient. Quand la nuit tombe, notre guide nous fait signe qu'il faut monter dormir, alors nous nous disons qu'il serait bon de lui laisser un pourboire, ce que nous faisons. Mais il le refuse, nous faisant comprendre que ce n'est pas le moment, que nous lui en donnerons a la fin. C'est la qu'on commence a comprendre la nature de l'engagement qui nous lie. Alors que nous avions l'impression que Bijou avait la tache de nous mener sains et saufs a notre campement et de nous en expliquer les subtilites, nous commencons plutot a croire qu'il faudra partager notre souper avec lui, et ensuite notre lit. Face a cette perspective, P-A n'en revient pas: "ca se peut pas...il va dormir avec nous? C'est l'affaire la plus absurde de mon existence", repete-t-il sans y croire.
Et, effectivement, Bijou allait dormir avec nous, mais pas dans notre lit, en cuillere avec P-A (comme dans son plus absurde mauvais reve) mais sur le balcon, au grand soulagement de mon ami . Desormais, nous etions fixes, Bijou etait lie a nous par un pacte sacre, et il ne nous lacherait pas jusqu'a la toute fin.
Mais n'allez pas croire que ce ne fut pas une bonne chose. Bijou est tout simplement formidable. Il connait la foret comme sa poche et part un feu comme on allume un rond de poele. Aussi, il nous fait, en puisant l'eau de la riviere et trois fois par jour plutot qu'une le meilleur des "black tea", sucre juste comme il faut (chose assez dure a croire pour un indien, ses compatriotes ayant plutot tendance a avoir la cuillere lourde lorsqu'il s'agit de sucrer).
Lors de nos safaris, qui ont tout de parties de chasse (les fusils en moins), il fouille, traque, s'arrete, se fige, respire et ecoute la foret. Pour nous, il releve les empreintes, nous explique dans un anglais de base le mouvement des animaux: "morning, moving"..."elephants, moving" et nous donne aussi quelques consignes, histoire que nous ne nous sentions pas trop perdus: "stop"..."wait".
Le soir, il fait le decompte des bonnes prises et des deceptions de la journees (entendre par la les animaux qu'on a pu ou pas observer): "buffalo, lucky; elephant, lucky no"...





Autre caracteristique, Bijou fume beedie sur beedie (je ne dirais pas qu'il s'allume avec ses butchs mais tout pres) ce qui ajoute a son incroyable charisme indien.
Lorsque nous marchons dans la jungle et qu'il s'arrete, flairant la bete, il s'allume et reste fixe sur la foret. Lorqu'il repart, il avance souple comme ces pantheres, royal comme ces tigres que nous n'aurons finalement pas vu. Rien de grave: nous aurons vu Bijou.
(La-dessus, il ne faut pas croire pour autant que nous sommes revenus bredouilles de nos sorties en jungle. Bien au contraire, nous en ressortons tout pleins d'images, celles d'elephants, de sangliers, de buffles, d'un serpent, de crocodiles (de ferme mais quand meme), d'une loutre, de multiples especes d'oiseaux et aussi de singes).
Encore une fois, merci, bon Bijou!


Chronique rickshaws (parce qu'on adore ca)

Des notre tout premier jour en Inde, nous avons ete charmes par les rickshaws. Petits bolides ultra efficaces, ils se faufilent envers et contre tous dans les rues les plus bondees, evitant tous les ecueils, nous menant chaque fois a bon port.
Dotes d'une mecanique a toute epreuve, ils nous meneraient meme jusqu'au fin fond de la jungle si, par un bon matin, pareille fantaisie nous prenait.
P-A, grand admirateur de beaux bolides, a d'ailleurs mene sa petite enquete, ce qui nous permet aujourd'hui de dresser cette petite fiche technique (non exhaustive, certainement, mais quand meme a la hauteur des moyens de communication dont nous disposons):
2 compagnies semblent se partager le marche du rickshaw. Tout d'abord, Bajaj, dont les modeles sont un peu plus petits, presentent un look plus "vieillot" et ne disposent que d'un phare avant, lequel est bien centre.
La deuxieme, Ape, dont le logo ressemble a une abeille (assez semblable, etrangement, a celui des caisses pop de chez nous), fabrique un rickshaw plus gros, a l'air un peu plus robuste et presente un design plus moderne. Dote de deux phares avant disposes a gauche et a droite, il a comme principale particularite de marcher au diesel, contrairement au Bajaj qui roule a la bonne vieille gazoline.
Le prix de ces engins: 100 000 roupies (ou un "lack", comme on dit ici) pour le Bajaj, 150 000 rps pour le Ape.
La plupart du temps, ils font du 50 a l'heure mais il nous est aussi arrive d'atteindre les 60 (impossible par contre - jusqu'a maintenant du moins - de connaitre la veritable limite de leurs moteurs).
Presque chaque rickshaw est aussi dote d'un compteur que, malheureusement, nous n'avons jamais eu la chance de voir fonctionner.

A la fin de cette enquete, lorsque j'ai demande a P-A, notre reporter d'un jour, son appreciation personnelle, il a repondu: "J'aime mieux les Bajaj. J'trouve ca clanche plus".

Travaillant un peu dans l'ombre de leurs flamboyants bolides, les chauffeurs de rickshaws ne sont pas pour autant des personnages ennuyants. En fait, ils sont, tous autant qu'ils sont, passes maitres dans l'art de se faire remarquer. Toutes les combines sont bonnes pour nous attirer vers eux. Ainsi, pres de cent fois par jour, nous nous faisons appeler, d'un cote de la rue ou de l'autre, peu importe, "my friend!" "my friend!", et demander: "which country?", ce qu'il faut traduire par : "eille! toi la, d'ou tu viens pis ous tu t'en va? embarque dans mon rickshaw, j'm'en va te faire faire le tour d'la ville pour pas cher pas cher"...
Aussi, meme si parfois ca devient lourd et qu'ils nous tombent sur les nerfs (meme quand on est en face de notre hotel, et qu'on leur dit qu'on est rendu, il s'en trouve toujours un (juste un, c'est quand ca va bien) qui veut quand meme qu'on embarque pour aller ailleurs) on s'amuse bien avec les chauffeurs de rickshaws qui sont de colores personnages.
Un fait amusant (ou exasperant) sur les chauffeurs, ils ne comprennent rien a propos de la marche et surement pas grand chose de plus au sujet de ceux qui la pratiquent: "Hello friend ! Rickshaw? - No, thank you sir, we are going for a walk" - "why!?!" - "Because we like to walk!" - "euh...Rickshaw?").
Autre fait, plus pres de la dure realite, il semble que bien peu de chauffeurs possedent leurs propres rickshaws. Aussi, la plupart le louent a un riche proprietaire, au prix assez eleve de 300 roupies par jour (aux dires de Ganesh, du moins). Dans ces conditions, peu sont ceux qui, meme s'ils economisent des annees durant, reussiront a s'en procurer un bien a eux.
Finalement, il manquerait quelque chose a ce petit topo si nous ne parlions pas de la multi-fonctionnalite de ces pilotes. Dependemment de la situation et de l'endroit, ils sont tour-a-tour guides touristiques, guides en montagne (ou sherpas) ou dealers. De plus, s'il vous arrive de chercher un resto ou un petit hotel bon marche (et meme si vous ne chercher rien du tout), pas de probleme, ils ont toujours un ami qui a une chambre a louer ou un autre qui fait le meilleur thali en ville!

En finissant, un conseil. Lorsque sur votre chemin vous croisez le king du rickshaw, vous saisisez l'occasion. Ganesh, un drole de moineau, nous mene ainsi a travers monts et vaux jusqu'a notre prochaine destination, le Chinnar wildlife sanctuary. Une belle balade de 60 km, avec quelques escales interessantes au passage (culinaire, entre autres).
Au final, ils nous fait meme realiser ce petit reve (que nous caressions cherement en secret), celui de conduire nous-memes un rickshaw.











jeudi 4 février 2010

Quelques affiches

Les publicites mais surtout les affiches de cinema sont particulierement savoureuses ici. Pour votre plaisir, quelques-unes de nos preferees.






Munnar (jours 28-29-30)

Ca prend un coeur solide pour se rendre a Munnar. L'autobus, un sacre tape-cul, prend tout pres de six heures pour gravir les 130 et quelques kilometres qui separent cette petite ville de montagne de Cochin. Durant le trajet, il est difficile de ne pas avoir au moins une fois l'envie de renvoyer. Le nombre d'accidents mortels qu'on passe pres de faire sur cette route aussi etroite que sinueuse (empiles les uns sur les autres dans un bus des annees 50 equipe de freins qui crient comme des cresselles, dans une circulation completement anarchique, le tout bien coince entre une montagne et un precipice) laisse songeur sur le bien fonde de faire un pareil detour dans les montagnes du Kerala. Heureusement, le paysage est tres beau et entre deux vertiges, nous avons meme pris quelques photos.
A l'arrivee, du the, du the et encore du the, des vallees a couper le souffle, des fleurs, des arbres et un accueil chaleureux, le periple en vallait finalement la peine.







L'atmosphere en ville est tres agreable. Au contraire de ce que nous avons connu jusqu'ici, l'air circule, on peut deambuler le long des rues sans avoir peur de mourir ecrase a chaque instant. Apres une visite aux divinites de la ville, lesquelles sejournent dans un petit temple multicolore perche en surplomb du marche, nous faisons les courses: du gateau pour dejeuner, quelques fruits, des cachous et peut-etre un peu de viande ?




Nous dormons au JJ cottage, un petit hotel rose et charmant ou, quand on veut de la biere, on a qu'a le demander (tout un luxe dans ce pays ou on se fait regarder avec un drole de petit sourire quand on avoue qu'on aime la biere: imaginer quand on dit qu'on travaille dans une brasserie!).
Pour avoir acces a l'internet et concocter nos petites pages de blogue, nous nous rendons a l'hotel d'a cote, ou Rajeesh et Arun nous attendent avec leur gentillesse ecxeptionnelle et leurs ordinateurs, euhh, comment dire, un peu moins exceptionnels...

mercredi 3 février 2010

Cochi en fete, les backwaters (jours 23-24-25)

Il y a tant de festivals partout et a chaque moment a travers l'Inde que nous commencions presque a nous inquieter de n'en avoir croise aucun. A Delhi, il devait y en avoir un mais c'etait des mentries; a Gokarna, ca nous etait presque arrive et nous ne l'avions manque que d'une journee. Aussi, nous n'etions pas peu contents lorsqu'au detour d'une rue, par hasard, sans savoir, ca nous a saute en pleine face. Des centaines d'indiens, heureux comme des enfants, qui dansaient, qui chantaient. Accueillants, enjoues et infatigables, ils etaient partis pour la nuit. Nous, plus capables, nous sommes alles dormir: paisiblement...jusqu'a ce que les feux d'artifice nous reveillent.
Jusqu'a maintenant, nous aimions les vaches et aussi les autres animaux que nous rencontrions ici et la, chaque jour, naturellement. Maintenant, il y a aussi les elephants qui, sans le moindre doute, nous inspirent tout autant.




Les backwaters: d'immenses territoires consitues d'iles artificielles a travers lesquelles serpentent de multiples canaux. On peut y faire des balades en canots et ainsi passer une journee a se laisser mener au fil de l'eau. Au passage, nous faisons la visite d'une ile sur laquelle on fabrique le toddy, une sorte de jus de fleurs de cocotier qui une fois fermente constitue la boisson nationale. Malheureusement, il ne nous a ete possible de gouter (pour l'instant du moins) qu'a la version "soft", sans alcool.







Derniere chose, en passant: une petite decouverte gastronomique: le cafe Kashi, un endroit rare en ce coin du monde. C'est la-bas que nous avons pu boire notre premier vrai cafe (hourra!). C'est aussi la que l'un de nous a teste pour la premiere fois les fameuses toilettes "indian style" (desole, nous n'avons pas de photo pour en faire la preuve...).



jeudi 28 janvier 2010

Cochin (prononce kotchi) ou encore Ernakulam (comme dans se faire ernakuler)

Jours 20-21-22, ou a peu pres.
La capitale du Kerala est chaude et paisible. Dans l'air (et oui, je viens juste de cliquer sur comment mettre des apostrophes!) flottent mille odeurs qui s'entortillent au gre des allees. De chaque cote defilent les innombrables boutiques bric-a-brac qui etalent tantot leurs epices, leurs fruits, leurs aliments deep-fried, des cellulaires, des bijoux et aussi des tonnes de vetements multicolores qui flottent au vent (quand il y en a: le reste du temps, c est du 35 degres assez pesant).




Nous logeons au "John's Residency" et ca fait du bien d'etre dans un endroit bien tenu: ceux-ci, semble-t-il, c'etaient jusqu'a maintenant tenu loin de nous.
Une curiosite: on ne fait que croiser des ecoliers tout le temps, des hordes d'ecoliers en habits officiels qui marchent en rang le matin et s'entassent a sept ou huit dans de minuscules rickshaws le soir: fait interessant, ceux-ci sont jaunes et noirs comme les autobus scolaires chez nous (symbole mystique ou simple coincidence? allez savoir...)
Il commence a y avoir du moustique, on prend notre malarone au souper. Le lendemain, l'estomac brasse un peu et on a des gazs (et oui, il faut le dire). On cherche des aliments legers. Beau defi. Entre des chapatis (genre de croquettes deep-fried) et les byrianis (plat de riz accompagne de sauce piquante et de legumes, ou d'oeuf bouillis, ou de poulet) on trouve parfois, dans un stand au coin d une rue, un bout de gateau (pas piquant); ou encore on se rabat sur des bananes (qui passent toujours bien) ou des biscuits (je me confesse, j'en mange des tonnes).
Autre chose: pour un pays qui pratique la culture du cafe de facon importante, l'Inde n'a pas grand chose a offrir a ceux qui sont sur place. Pas de doute, ils exportent le meilleur...
Ah oui, aussi. A notre dernier repas avant de partir, nous avions cru bon faire nos adieux aux fourchettes-couteaux-cuilleres de toujours. A notre grande surprise, il a presque fallu 20 jours avant que nous ayions a nous en passer...et nous qui avions hate de nous mettre les doigts dedans...
L'Inde n'est pas un modele de proprete, je crois qu'on en a deja parle. Aujourd'hui, justement, nous sommes passes au-dessus de ce qui aurait pu etre un beau petit canal urbain. Or, on aurait plutot dit le Styx, ce fleuve qui, parait-il, coule en enfer.
Le poisson abonde pourtant sur les etals des pecheurs et nous en profitons. Nous esperons toutefois qu il est peche tres loin, a des lieux de la villes et de ces, disons, "canaux"...