


Biju (ce bon Bijou), est le guide qu'on nous a assigne pour nous conduire dans la jungle. Il est tres gentil, meme si on ne comprend que rarement ce qu'il raconte: ici, de toute facon, c'est pas mal comme ca que ca se passe. On pose des questions et on se fait presque a tous coups repondre quelque chose qui n'a rien a voir. Evidemment, il y a aussi fort a parier que, de l'autre cote, les choses se passent a peu pres de la meme maniere: ils ne comprennent jamais pourquoi on pose des questions qui n'ont rien a voir avec ce qu'ils sont en train de nous raconter...
Ainsi, nous n'avons rien compris de comment allait se derouler le sejour que nous avions organise dans le parc. On nous fait payer et ensuite on nous presente un guide qu'on nous fait signe de suivre. On s'enfonce alors dans la foret, environ 3 kilometres, jusqu'a ce que nous arrivions a notre tree house. Ensuite, c'est un peu le brouillard, dans le sens que le temps passe et qu'on ne voit pas trop ou on s'en va, non plus ce qui s'en vient. Quand la nuit tombe, notre guide nous fait signe qu'il faut monter dormir, alors nous nous disons qu'il serait bon de lui laisser un pourboire, ce que nous faisons. Mais il le refuse, nous faisant comprendre que ce n'est pas le moment, que nous lui en donnerons a la fin. C'est la qu'on commence a comprendre la nature de l'engagement qui nous lie. Alors que nous avions l'impression que Bijou avait la tache de nous mener sains et saufs a notre campement et de nous en expliquer les subtilites, nous commencons plutot a croire qu'il faudra partager notre souper avec lui, et ensuite notre lit. Face a cette perspective, P-A n'en revient pas: "ca se peut pas...il va dormir avec nous? C'est l'affaire la plus absurde de mon existence", repete-t-il sans y croire.
Et, effectivement, Bijou allait dormir avec nous, mais pas dans notre lit, en cuillere avec P-A (comme dans son plus absurde mauvais reve) mais sur le balcon, au grand soulagement de mon ami . Desormais, nous etions fixes, Bijou etait lie a nous par un pacte sacre, et il ne nous lacherait pas jusqu'a la toute fin.
Mais n'allez pas croire que ce ne fut pas une bonne chose. Bijou est tout simplement formidable. Il connait la foret comme sa poche et part un feu comme on allume un rond de poele. Aussi, il nous fait, en puisant l'eau de la riviere et trois fois par jour plutot qu'une le meilleur des "black tea", sucre juste comme il faut (chose assez dure a croire pour un indien, ses compatriotes ayant plutot tendance a avoir la cuillere lourde lorsqu'il s'agit de sucrer).
Lors de nos safaris, qui ont tout de parties de chasse (les fusils en moins), il fouille, traque, s'arrete, se fige, respire et ecoute la foret. Pour nous, il releve les empreintes, nous explique dans un anglais de base le mouvement des animaux: "morning, moving"..."elephants, moving" et nous donne aussi quelques consignes, histoire que nous ne nous sentions pas trop perdus: "stop"..."wait".
Le soir, il fait le decompte des bonnes prises et des deceptions de la journees (entendre par la les animaux qu'on a pu ou pas observer): "buffalo, lucky; elephant, lucky no"...



Autre caracteristique, Bijou fume beedie sur beedie (je ne dirais pas qu'il s'allume avec ses butchs mais tout pres) ce qui ajoute a son incroyable charisme indien.
Lorsque nous marchons dans la jungle et qu'il s'arrete, flairant la bete, il s'allume et reste fixe sur la foret. Lorqu'il repart, il avance souple comme ces pantheres, royal comme ces tigres que nous n'aurons finalement pas vu. Rien de grave: nous aurons vu Bijou.
(La-dessus, il ne faut pas croire pour autant que nous sommes revenus bredouilles de nos sorties en jungle. Bien au contraire, nous en ressortons tout pleins d'images, celles d'elephants, de sangliers, de buffles, d'un serpent, de crocodiles (de ferme mais quand meme), d'une loutre, de multiples especes d'oiseaux et aussi de singes).
Encore une fois, merci, bon Bijou!


















































